Création d'une ouverture dans le futur séjour

en étroite et amicale collaboration avec Jean-Jacques Denis, artisan maçon à Louannec (22)

Cliquez sur les imagettes pour les agrandir...
Août 2009 :

L'opération commence par le nettoyage du mur, enduit d'une épaisse couche de ciment jusqu'à un mètre de hauteur (c'était une salle de restaurant autrefois !) Le mortier de terre est plus sombre, car manifestement humide. L'humidité était confinée derrière l'enduit étanche, classique...

Un trou de boulin se signale sous l'enduit à la terre, par une briquette verticale. Il va permettre l'ouverture du mur en principe très rapide, car ce trou est juste fermé sur les deux parements, de façon légère (pour être éventuellement réouverts si nécessité de re-échaffauder) :




Son dégagement aurait dû être une formalité... malheureusement, une fois la briquette dégagée, on voit au fond du trou, côté extérieur, un assemblage de pierres cimentées... pas de chance ! (en effet, côté extérieur, un enduit ciment fin recouvre là aussi la partie basse du mur.)

Plus d'infos sur ce que sont les trous de boulins...

Donc obligé d'y aller au brise-béton à l'extérieur ! Cinq minutes plus tard :

Tout un symbole... le mur est ouvert, le chantier est réellement commencé !

Visite chez le tailleur de pierres :


Mon épouse s'est saisie de l'appareil photo...

Heureusement que toute la façade n'est pas beurrée ainsi !...


L'enduit extérieur ayant été enlevé, il reste... un enduit bien épais censé protéger les fondations contre l'humidité ! (pure illustion au deumeurant...) Ici je le montre avant qu'il ne soit entièrement ôté. Devant c'est bien sûr un tuyau d'évacutaion des eau usées.

Septembre 2009 :

On rentre enfin dans le vif du sujet !

Au soir du premier jour (lundi 14) :
On a posé le seuil plus 2 "lancis" :


Le mortier utilisé est particulièrement gras :
- 1 seau de sable jaune classique lavé, et 2 seaux de terre tamisée issue du démontage (voir plus loin),
- 1 seau de chaux grasse (aérienne),
- 1/2 seau d'eau, en fait, le moins possible pour obtenir une pâte qui colle bien...

Mon maçon l'apprécie bien ! (c'est moi qui fait le mortier...) Les proportions n'ont rien de très rigoureux ! le mortier obtenu est très gras, c'est très bien pour cet usage. Le recyclage du mortier d'origine permet une excellente intégration dans l'existant.

Préparation du mortier :
récupération de l'argile de maçonnerie, concassage et tamisage...



Ici, j'ai utilisé de la chaux aérienne achetée en... 2002 !... je m'attendais à ce qu'elle soit carbonatée... il n'en est rien ! je la plonge le soir dans un grand bac rempli d'eau, et le matin, je récupère une pâte fort grasse, impeccable !


Préparation du mortier : le sable et l'argile sont d'abord soigneusement mélangés, à sec, puis on rajoute toute la chaux, et l'eau, mais pas tout d'un coup sauf à être sûr de la stricte quantité à utiliser, car faute de quoi, ça passe vite de l'état pâteux à l'état bouillie !

Cette auge à gâcher est bien pratique... mais il faut de l'énergie ! Une bétonnière nous aurait compliqué la vie, par manque de place (pour ce type de mortier, il faut une bétonnière à moteur thermique, qui brasse lentement) car il fallait aussi ranger les pierres démontées...

Le midi du second jour (mardi 15). On voit ici, sous le fil à plomb, un "crochet" ou pierre qui pénètre dans l'épaisseur du mur :


Le soir du second jour :

Le travail accompli est impressionnant...

Troisième jour (mercredi 16) :

Jean-Jacques vérifie avec le plus grand soin le bon alignement des pierres... Sa méthode d'ouverture progressive du mur ne permet pas d'avoir un fil vertical tendu à poste.


Le soir du 3ème jour ; sur l'escabeau et le tabouret, 2 "crochets" en attente du lendemain...


4ème jour (jeudi 17) : je n'ai quasiment être pu sur le chantier, et je n'ai pas pris de photo de l'avancement.

5ème jour (vendredi 18) : on est arrivé à hauteur du linteau. L'échafaudage a été monté, et le linteau apporté par un engin de levage. Il n'y a eu qu'à le rouler, le basculer vers l'avant (on voit une forme de champfrein) avant de le glisser sur son lit d'attente, sur 2 barres métalliques... Pas d'images de l'opération, on ne peut être au four et au moulin !


6ème jour (samedi 19) : démontage du parement intérieur du mur, que l'on voit très bien sur les images précédentes (seul le parement extérieur a été démonté). Cette opération est particulièrement délicate, il faut bien analyser la disposition des pierres pour prévoir ce qui va se passer si on ôte telle ou telle pierre... Il n'est pas question de tout faire s'écrouler d'un coup ! Travail chirurgical, de patience et de précision. Ce travail a été mené à bien en 3 h, seul. Ensuite, gros travail pour ranger les pierres, trier l'argile de maçonnerie pour pouvoir le recycler...

7ème jour (dimanche 20) : repos !!!

8ème jour (lundi 21) :
montage du linteau intermédiaire ("palatre") et du linteau intérieur. Pas d'images. Mais du stress, car on est obligé d'ouvrir le mur plus haut... La place nécessaire pour l'arc de décharge à venir au dessus du linteau extérieur nous "emmène loin"...

9ème jour (mardi 22) :

Ici c'est dans la pièce au dessus, la reprise de maçonnerie, avec mise sous pression, est donc au dessus du linteau intérieur. Remarquez la fissure en forme d'arc dans l'enduit terre qui part à droite de l'image, il faudra assurément procéder à une remise sous pression aussi de cette partie de maçonnerie.

Le trou à gauche, avec de la laine de bois pour le fermer, est l'ancien emplacement d'un bric à brac d'installation d'un lavabo, avec des tuyaux à sortir dehors, bref obligé d'ouvrir complètement !

En dessous, vue de l'intérieur :

On voit 3 solives, celle de gauche était pourrie (pour cause de présence du lavabo au dessus...) et a dû être changée.

Détail de l'extrémité de la solive qui a été changée :

(celle qui suit devra aussi être changée !...) Les 2 serre-joints enserrent 2 pièces de bois qui vont solidariser les 2 parties, à l'aide de tiges filetées et boulons.  C'est un peu casse-pied à faire, mais il n'y avait pas le choix !

Vue de face, une fois le chantier terminé :


Passons à l'extérieur :

Ce grand trou montre 2 extrémités de solives, celle au centre a été "grignotée" pour laisser le passage de l'arc de décharge, et celle de droite est la nouvelle, on ne l'a pas faite aller aussi loin dans l'épaisseur du mur, c'est maintenant moins critique vu qu'il y a les linteaux en bois dessous (dans le cas contraire, une solive ou une poutre doit porter au moins sur les 2/3 de l'épaisseur du mur). Les 2 bouts de bois verticaux servent d'étai pour soutenir les pierres... mais notre travail par l'autre côté (parement intérieur, 3 images avant) a permis de glisser quelques pierres (boutisses, pierres qui pénètrent profond dans le mur) sous celles du parement extérieur.

9ème jour (mercredi 23) :
cerise sur le gâteau : l'arc de décharge !

On a préparé la forme de l'arc avec du mortier argile sans chaux, et quelques pierres, plus une plaque de contre-plaqué de 4 mm d'épaisseur. Tout cela sera ôté à la fin du chantier, et maçonné en douceur, car il est hors de question que cette partie-là supporte la moindre charge, faute de quoi, l'arc ne servirait plus à rien !


A midi, la clé de voûte est en place !


Le soir, c'est presque fini !

Pendant ce temps, le manoeuvre (moi !) opérait à l'intérieur :

Le désordre dû à l'installation du lavabo (voir 7 images plus haut) a été entièrement résorbé, il a quand même falu monter assez haut, démonter les pierres et les resceller correctement (ça n'est pas du bête rebouchage de fissure !...) Reste néanmoins la fissure à droite.

10ème jour (jeudi 24) :

Le matin, Jean-Jacques finit la maçonnerie au dessus de l'arc de décharge, pendant que je m'occupe de la fissure intérieure (photo précédente).


L'après-midi, reconfiguration du chantier pour l'ouverture du haut : on modifie l'échafaudage, de 2 modules à l'horizontale, on passe à 3 modules à la verticale. Ici, on voit déjà l'appui de la fenêtre treuillé (et déposé sur le plancher du 3ème niveau de l'échafaudage, mais sur 2 cales de hauteurs différentes...) Dessous, c'est le plancher du 2ème niveau que l'on a relevé pour permettre le treuillage de l'appui.

11ème jour (vendredi 25) :


Jean-Jacques brosse les joints et nettoie la pierre... de plus en plus beau !

Le plateau au bout de la poulie ne sert pas qu'à apporter les pierres !...


Il est midi, l'appui de la fenêtre sera posé dans l'après-midi !

3ème semaine !

Lundi 28 :

Vue prise de l'intérieur, à l'étage. Jean-Jacques ajuste un "crochet" fraîchement posé sur l'appui.


Du même endroit, avec un peu de recul, on voit les 2 crochets. La fissure au milieu n'a pas d'importance, tout ceci sera bien sûr démonté !


Etat des travaux lundi soir. Un "lancis" est en attente. Remarquez, au centre de l'image, une sorte de trou rectangulaire vertical, c'est un trou de boulin fermé par une briquette côté intérieur.

Mardi 29 :


Elévation d'un crochet : ici on le voit sur un plancher, à une hauteur de 2,3 m environ. On est obligés de s'y reprendre à 2 fois, car le palan a une amplitude de 3 m.


Le niveau monte...


Le soir venu, il ne nous reste plus que 2 lancis et le linteau, à poser !


Les à-côtés du chantier : les pierres démontées, il faut bien les ranger quelque part... Ceci est notre magasin de pierres, j'essaie de les ranger pour qu'elles présentent leur parement. Mais des fois, il faut en prélever une dessous, ce qui fait s'ébouler le reste au dessus ! Au pied des pierres, une partie de l'argile de maçonnerie en attente d'être tamisée pour la confection du mortier...


A l'étage, côté intérieur...

Mercredi 30 :


Pose des 2 derniers "lancis". Remarquez la grande utilité des parpaings de ciment dans la réhabilitation du bâti ancien ! ils nous ont servi de "marche"...


Pendant que Jean-Jacques ajuste le dernier lancis et maçonne autour, je m'occupe de déplacer le linteau. Avec les rouleaux, ça roule ! Cette fois-ci, on va le monter dans l'axe et non pas sur les côtés.


Jean-Jacques a confectionné une rehausse pour le palan. Ce qui évite de monter un module supplémentaire de l'échafaudage...


Il a fallu 3 étapes pour le faire arriver à la bonne altitude ! Là on va devoir monter un plancher au niveau où la pierre est rendue.


Sur le dernier plancher ! Un "balcon" a été réalisé, ce qui implique pas mal de (sérieux) "bricolage", étayé par en dessous. Remarquez les solives qui ont été découpées pour laisser la place au linteau. Il n'y a pas de soucis puisqu'elles reposeront prochainement sur les linteaux intérieurs (en attendant, elles sont étayées côté intérieur, avec appui sur un étaiement exactement en dessous, de façon que les efforts s'écoulent sur le sol de la maison et non pas sur le plancher entre le 1er et le 2nd niveau !)

Jeudi 1er octobre :

nous avons mis une bonne heure à déplacer ce linteau d'à peine 1 m... un petit pas pour la pierre, un grand pas pour la maison !
Puis démontage de toute la structure qui a servi à la pose de ce linteau... et la matinée était passée !


Le soir, la maçonnerie côté extérieur est finie. Image étrange, le soleil qui donne de l'autre côté diffuse sa lumière sur la bâche translucide tendue dans la pièce... Une oeuvre d'art, signée Jean-Jacques !

Vendredi 2 octobre :

Démontage du parement intérieur de pierres (pas de photos de cette action, pas facile !...)

Vue intérieure, à l'étage. Préparation de la pose des 2 linteaux de bois (celui qui sera visible et celui intérieur, le palâtre).
Le soir, les linteaux sont posés, et la maçonnerie autour presque achevée.


Lundi matin 5 octobre : on termine ! Jean-Jacques maçonne - en douceur ! - sous l'arc...


Une vue d'ensemble une fois tout terminé... seuls les joints sous l'arc n'ont pas encore été brossés.


Détail : une large pierre de schiste en saillie, comme le linteau, elle restera apparente une fois le mur enduit (chanvre et chaux).

Idem pour le linteau de la fenêtre du haut.

Le meilleur, c'est pour la fin !


Voilà, c'est terminé ! merci à Jean-Jacques pour ce compagnonnage !

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