Restauration de conduits de cheminée

Chantier un peu extra-ordinaire, un peu monstrueux aussi quelque part!...

Ma maison dispose de 2 conduits, sur le même mur pignon. Ceux-ci étaient en mauvais état, des pierres tombaient en bas, et la souche, rejointoyée par un artisan, "à la chaux" (hydraulique artificielle naturellement, mais à l'époque, j'étais pas vraiment au fait...), était saturée d'eau! De l'eau ruisselait dans notre chambre le long du pignon, bref la situation devenait difficile, ce qui m'a amené à différer la fin du chantier des joints sur la façade, pour m'attaquer à ce gros morceau!

Le principe adopté était simple : ouvrir le mur pignon par l'extérieur, sur une longueur un peu supérieure à la longueur d'un boisseau de terre cuite, chemiser le conduit avec un boisseau, et refermer le mur avec des briquettes, afin d'aller plus vite, et de donner une rigidité mécanique satisfaisante.

Au pied du mur, le premier jour, avant de commencer à monter un échafaudage, j'ai eu un coup de blues, dans quoi m'étais-je embarqué?! Mais c'est au pied du mur qu'on voit le maçon, n'est-ce-pas? Plus moyen de reculer!

Visite guidée, on grimpe!...

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Démarrage du conduit du bas.
Ici, côté extérieur.
Le mortier utilisé est à base de chaux hydraulique naturelle, 
et sable, c'est tout.
Le boisseau est alvéolé.
Côté intérieur, réalisé avec un coffrage un peu approximatif ; le béton est un béton de chaux hydraulique naturelle.
Il reste à finir tout ça, lorsque j'en serai à faire la cheminée du salon!
Le conduit part en biais, pour contourner le foyer du haut.

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Ici, le conduit du bas atteint le niveau du premier étage,
le second conduit a démarré...
Outillage : meuleuse petit format avec disque diamant.
La sangle noire qui pendouille en haut à gauche est un système de blocage automatique, livré avec le harnais de sécurité, et qui fonctionne comme les ceintures de sécurité auto : ça se déroule, mais blocage immédiat en cas de mouvement brusque!
Les matériaux sont montés avec l'aide d'une poulie.
Observez le harnais que je porte.
Les boisseaux sont lourds à hisser, car bien imbibés d'eau...

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Après l'ouverture du conduit, il faut découper à la meuleuse les extrémités des pierres qui dépassent ('il n'est pas question de les desceller, sous peine d'ouvrir le mur sur toute son épaisseur!)
Ce sont les surfaces blanches que l'on voit ici.
C'est fastidieux, il faut poser et déposer le boisseau x fois, pour voir s'il se loge avec un minimum de jeu...
Le plus dur est passé : il ne reste qu'à bien mouiller, puis à "enduire" de mortier à la chaux, avant la pose du boisseau.
Un couvercle de bois protège le conduit des chutes en tout genre.

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Pose du boisseau, calage.
RAS!

Dans le cas de "changement de direction" du conduit, il faut bien entendu meuler le boisseau pour que cela se passe sans
Opération de "tartinage" au mortier, entre les parois du conduit et le boisseau : il faut bien "bourrer", avec les mains gantées...

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Pose des briquettes, pour refermer le mur.
Elles aussi auront été bien saturées d'eau préalablement.
Préparation de la rangée suivante :
il faut découper, sur place, les briquettes.
J'ai aussi utilisé les "mulots" ou demi-briquettes.
Il faut vraiment faire corps avec la maçonnerie de moellons.

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Bien obligé de démonter le débord du toit...
Après avoir terminé le conduit de gauche,
retour sur celui de droite, laissé en plan!
Ici, le diamètre du conduit est plus petit, j'ai utilisé des boisseaux pleins pour garder un diamètre optimum.
Ce qui fut une erreur, j'aurais dû utiliser des boisseaux alvéolés comme l'autre conduit, même au prix d'une perte du diamètre. Car l'isolation est insuffisante, j'ai été obligé de tuber ce conduit par la suite!...

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Hissage d'un boisseau (bien saturé d'eau),
immobilisé dans son ascension pour la photo!
On arrive en haut! Ouf!...
(en effet, ce fut plus dur que pour l'arrivée du premier conduit...)
Ici, on voit l'extrémité de la panne faitière, complètement pourrie...
La souche, de part son jointoiement à la chaux hydraulique artificielle (en fait, un ciment pauvre), était saturée d'eau, et envahie par la végétation...
Un vrai château d'eau!

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On passe de l'autre côté de la souche!

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La coiffe des conduits a été faite ainsi :
une "cape à l'italienne" pour le gros conduit
(j'aurais voulu avoir quelque chose d'un peu plus esthétique, mais pas moyen de trouver quoique ce soit...),
une "lanterne" pour l'autre.
Les joints de la souche ont été ôtés.

Ici, j'ai rejointoyé la souche à la NHL pure.
Les solins ont également été refaits :
mastic blanc entre la maçonnerie rejointoyée et le zinc,
puis solin proprement dit, en 2 couches,
la première en ciment,
la seconde à la NHL
(à cause d'un "malentendu" entre le couvreur et moi, car je lui avais demandé de faire le solin entièrement à la NHL... en fait, il n'avait pas confiance, et ne voulait prendre aucun risque, ce qui peut se comprendre.)

Du coup, la couleur chaude initiale du solin est devenue grise avec le temps, dommage... 

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La cerise sur le gâteau a été la pose d'une girouette, par mon jeune fils, bien harnaché comme vous pouvez le voir!

Ce fut aussi naturellement l'occasion d'une petite fête !

Plaisir bien mérité, l'hiver venu : une belle flambée!
Ici, on est à l'étage, sur le conduit de petit diamètre, que j'ai donc été obligé de chemiser, contre toute attente, le pignon étant plein nord, lorsque souffle le vent, j'avais formation de bistre...

Le conduit du bas lui n'est pas encore en service
(et n'est pas prêt de l'être!...)
mais je ne devrais pas avoir ce genre de problème (boisseaux alvéolés).

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Extrait d'une notice d'installation des boisseaux Minangoy (49310 Vihiers)
pour un foyer ouvert

D.T.U. 24-2-1 concernant les foyers à feu ouvert.
Pour ces foyers, une section minimale de 400 cm2 est à respecter :

Dans le cas d'une section rectangulaire, le rapport entre la longueur et la largeur de la section doit être au maximum de 2.

La section et la hauteur du conduit doivent être adaptés à la puissance de chauffe souhaitée, donc aux dimensions de la cheminée d'âtre.

Dimensionnement des conduits de fumée


Exutoire : section ab

Exemple de tableau empirique de détermination des sections :

Largeur de la surface lumineuse
(cm)
Hauteur de la surface lumineuse
(cm)
Hauteur des conduits en mètres
6 7 8 9 10 11 12
Section du conduit en cm2
60 45 400     400     400
70 53 450     400     400
80 60 600     480     400
90 68 750     610     500
100 75 950     750     625
120 80 1350     1100     900
140 93 1800     1500     1250

La surface lumineuse est la surface ouverte du foyer.

La hauteur de la surface lumineuse doit être égale aux 3/4 de la largeur si celle-ci ne dépasse pas 1 mètre, et aux 2/3 si elle dépasse 1 mètre.
Dans tous les cas, la profondeur du foyer doit être au moins égale à la moitié de la hauteur de la surface lumineuse.
La hauteur de l'avaloir doit être au minimum égale à celle de la surface lumineuse.
La hauteur du conduit prise depuis la plaque foyère de base jusqu'à sa sortie, doit être au moins égale à 7 fois la hauteur de la surface lumineuse.

Le bon fonctionnement d'une cheminée d'âtre nécessite une entrée d'air frais. Il est important qu'elle soit bien située par rapport aux vents dominants :

La section d'entrée d'air frais doit être au minimum égale au quart de la section intérieure du conduit de fumée avec, dans tous les cas, un minimum de 2 dm2.

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